
Comédien et dramaturge
generik le film - écrit et réalisé en 2005
L’idée du principe du film m’est venue après avoir vu le troisième volet du seigneur des anneaux qui donnait lieu à un générique de fin interminable. A tel point que j’ai eu l’impression qu’il durait aussi longtemps que le film lui-même.
En poussant l’idée un peu plus loin dans l’absurde, il n’était pas difficile d’imaginer un film très court et pourquoi pas LE film le plus court du monde où le générique durerait plus longtemps que le film lui-même.
Un film ne se résume pas, et de loin, à ce que l’on voit à l’écran. Il est la résultante de toute une somme de travail que l’on ne soupçonne pas toujours à l’écran et le générique de fin rend hommage à toutes ces femmes et tous ces hommes qui ont œuvrés dans l’ombre afin de porter le film dans la lumière. Un film, c’est tout un univers, c’est une équipe qui partage, pendant un temps donné, une véritable expérience faite de doute, d’angoisse, mais aussi de joie et de bonheur. Il y aurait mille choses à dire à la fin d’un tournage, mille anecdotes à raconter.
C’est un peu cela que j’ai voulu raconter dans ce film. A ma manière et en accentuant les situations comiques. Mais c’était aussi l’occasion de « brocarder » gentiment, mais sûrement, cette industrie hollywoodienne du cinéma qui déferle régulièrement sur nos écrans, écrasant tout sur son passage.
Mais c’est aussi, et plus simplement, une comédie… et, personnellement, quand une occasion m’est offerte de sourire ou de rire, je ne la manque pas !
côté jardin- écrit en 2007
Les raisons qui nous ont poussé à réaliser ce film sont multiples.
Tout d’abord, c’était l’occasion de retravailler avec J.C DERET qui avait déjà participé au premier film de Karine BENHAIM. L’acteur et la jeune réalisatrice voulaient renouveler cette expérience qui les avait enrichi tous deux.
C’était aussi une gageure de travailler avec un texte écrit à l’origine pour la scène et lui donner encore plus d’expression, de rythme et d’intérêt par le biais de l’image.
L’auteur a volontairement choisit des extraits d’une de ses pièces afin de créer cet univers étrange et loufoque dans lequel nous entraîne le personnage principal, évoquant tour à tour ; l’amour, l’amitié, la folie… grands thèmes universels dont nous essayons sans cesse de percer les secrets.
Le choix d’un jardin public comme toile de fond à notre histoire s’est imposé car il était impératif que le personnage évolue dans un espace de liberté tel que chaque personne qu’il croiserait aurait ou non le choix de l’écouter et ainsi de confronter a ses théories sa propre perception de la vie et de l’univers.
D’un point de vue technique, il était intéressant et stimulant de tourner en extérieur, avec toutes les contraintes que cela imposait, et de trouver pour chaque problème la solution adaptée.
Le format vidéo a quant à lui été choisi pour des raisons de liberté de mouvement et de logistique moins contraignante. De plus ce format permettait de retravailler l’image sans limite, excepté sa propre imagination.
Ce film nous parle simplement du bonheur de communiquer, et de partager avec les autres sa joie de vivre et son enthousiasme. Le rythme de la réalisation nous entraîne tambour battant vers une chute inattendue et surprenante.
les autres scénérios
Crocodile Blues
L’autre jour, dans le métro, j’ai vu un spectacle de marionnette. L’homme avait installé, entre deux barres métalliques, un castelet rudimentaire, constitué d’un tissu noir dont les extrémités étaient reliées par deux tendeurs.
L’histoire, elle aussi, était rudimentaire. Deux pauvres marionnettes qui n’avaient sans doute jamais connu les mains expertes d’un manipulateur, essayaient tant bien que mal de se faire entendre au milieu de la cacophonie ambiante. La prestation du marionnettiste est passée pratiquement inaperçu à deux ou trois exceptions près. Ensuite, il s’est déplacé parmi les voyageurs en tendant une boite puis a démonté son matériel en un temps record avant de passer au wagon suivant.
Il ne s’est rien passé ou presque. Ce spectacle n’a pas changé la vie des gens ou leur vision du monde.
C’est en voyant ce spectacle que j’ai eu l’idée de ce scénario.
Et si l’histoire que racontait les marionnettes avaient une incidence sur notre vie privée ?...
Ce film nous parle d’amour et d’espoir, l’espoir d’avoir une seconde chance.
Le garage
Ce scénario met en scène un homme ordinaire qui, à la suite d’une banalité - un simple refus - pète un plomb. A sa manière. Le déclencheur ? Une vétille, un rien, une promesse qu’on n’a pas tenue et le grain de folie s’installe. Rien de très méchant. Après tout, la victime n’est qu’une voiture, un morceau de métal qui roule. Mais on ne peut pas s’empêcher de penser que cela pourrait être pire.
C’est l’histoire d’une obsession passagère. Chacun de nous a eu, un jour ou l’autre, envie d’exercer une petite vengeance personnelle, ne serait-ce que par principe ou simplement pour mieux dormir.
C’est de cela que parle cette histoire. Cette jubilation que l’on ressent lorsque l’on a le sentiment de prendre une petite revanche sur ceux qui nous ont humiliés, contrarié, vexé, ou qui, sans vergogne, ce sont introduit dans notre petite bulle. En bref, une petite revanche sur la vie.
La clé du JE
C’est l'histoire d’Adam qui tente de reconstruire son monde intérieur mais qui rate cette formidable opportunité en arrivant, avec dix minutes de retard, au rendez-vous qui aurait pu changer sa vie.
La course effrénée du héros, véritable parcours du combattant, constitue le fil rouge, à la fois énigmatique et énergique, qui rythme le film. Elle représente la colonne vertébrale de l’histoire, autour de laquelle s’articulent des séquences allant crescendo dans l’énergie et l’humour.
Nous voyons tout ce que le héros aurait dû ou pu faire et dire pour se réaliser pleinement s’il était arrivé à l’heure.
Le spectateur est emporté dans le sillage du héros qui le laisse sans répit, jusqu’à un rebondissement final - espérons-le - inattendu !
Promesse
Quand, adolescent, on a passé ses vacances à la ferme et que l’on a participé activement aux travaux des champs, il en reste toujours quelque chose quel que soit le nombre des années qui se sont écoulées depuis. Et si l’on revient, même un court instant, dans ces lieux qui nous ont vu grandir, qui nous ont forgés, endurcis, il est possible alors, que des images ressurgissent et que l’on se souvienne, avec une certaine nostalgie, des bons moments que l’on a passé au contact de la nature, de la vie rude et saine de la campagne.
On peut même se souvenir d’un amour d’été, un amour d’adolescent qui, bien que l’on pensait l’avoir oublié, est toujours là, enfoui au plus profond de son être comme une graine qui aurait été mise en terre et qui n’attendait que la nouvelle saison pour surgir et fleurir enfin.
C’est de cette promesse d’une vie nouvelle et d’un bel amour dont il est question dans ce film.